L'ESCALIER DE LA BELLE GABRIELLE
Niché sur le versant nord du Coudray-Montceaux, sur le coteau descendant vers la vallée de la Seine, l’Escalier de la Belle Gabrielle est l’un des éléments les plus singuliers du patrimoine communal.
Datant vraisemblablement de la fin du XVIe ou du début du XVIIe siècle, cet escalier monumental appartenait autrefois à un vaste jardin d’agrément aménagé autour d’une demeure de plaisance. Aujourd’hui isolé dans son environnement boisé, il témoigne encore de l’importance et du raffinement de cet ancien domaine. Le monument est inscrit à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques depuis le 2 novembre 1945.
Aux origines de l’Escalier de la Belle Gabrielle
Le terrain sur lequel se trouve aujourd’hui l’escalier appartenait à l’origine à la seigneurie du Coudray. Celle-ci est acquise en 1516 par Jean Tronson, conseiller au Parlement de Paris.
À la fin du XVIe ou au début du XVIIe siècle, un pavillon aurait été construit en bord de Seine, accompagné d’un jardin d’agrément aménagé sur le coteau. L’Escalier de la Belle Gabrielle, avec sa grotte, en constituait l’un des principaux ornements.
Sa conception tirait pleinement parti du relief naturel. Depuis le pavillon situé en contrebas, près de la Seine, le jardin offrait une perspective ascendante vers le coteau, structurée par les différentes terrasses et par l’escalier monumental.
Un jardin remarquable organisé autour de l’eau
L’escalier ne constituait pas un élément isolé. Il s’intégrait dans la composition d’un véritable jardin d’agrément, comprenant notamment des jeux d’eau.
Un grand bassin rectangulaire, situé dans la partie haute du domaine, permettait de recueillir les eaux de pluie et de ruissellement. Celles-ci servaient ensuite à alimenter les fontaines aménagées autour de l’escalier.
Le monument se caractérise notamment par son double escalier en pierre, ses terrasses, ses murs de soutènement et sa grotte voûtée. L’ensemble formait une composition monumentale destinée autant à permettre de gravir le coteau qu’à mettre en scène le paysage et le jardin.
Un domaine transformé au fil des siècles
À partir du XVIIe siècle, la propriété connaît une succession de propriétaires et de nombreux aménagements.
Au XVIIIe siècle, le jardin perd progressivement une partie de sa vocation d’apparat. Les documents historiques font alors davantage référence à des potagers, des vergers et des vignes. Le réseau hydraulique semble également moins entretenu : le bassin circulaire devient notamment une pièce de gazon et le réservoir situé en hauteur est décrit comme envahi par la vase et les roseaux.
Après 1744, le pavillon est agrandi et devient progressivement une véritable maison de plaisance, puis, au XIXe siècle, le « château du Bas-Coudray ». Le jardin est à nouveau transformé, tout en conservant plusieurs de ses éléments monumentaux.
Entre 1825 et 1836, le système hydraulique est notamment remis en fonctionnement et de nouvelles allées sont créées. Lors de la cession de la propriété en 1836 à Firmin, acteur du Théâtre Français, les documents décrivent encore un grand jardin comprenant un bassin, une grotte voûtée et un « escalier double en pierre » permettant d'accéder à la partie supérieure du domaine.
L’arrivée du chemin de fer et le démantèlement du domaine
À la fin du XIXe siècle, l’ouverture de la ligne de chemin de fer entre Corbeil et Montereau vient traverser la propriété. Malgré cette transformation importante, une partie de l’unité du domaine est alors préservée grâce à la création d’un passage à niveau privé.
C’est surtout au cours du XXe siècle que la propriété originelle est progressivement morcelée. Le château et son jardin perdent peu à peu leur organisation d’origine, tandis que l’escalier monumental subsiste sur le coteau comme l’un des derniers grands témoins de cet ancien ensemble paysager.
D’où vient le nom « Belle Gabrielle » ?
Le nom du monument contribue largement à son caractère mystérieux. Pourtant, aucun document historique connu ne permet aujourd’hui d’établir avec certitude un lien avec la « Belle Gabrielle ».
Cette appellation serait probablement apparue au cours du XIXe siècle. Si son origine reste incertaine, elle renvoie néanmoins à une période proche de celle durant laquelle le monument aurait été construit. Le nom s’est depuis imposé et fait désormais pleinement partie de l’identité du lieu.
Un monument fragile à préserver
Après plusieurs siècles d’existence, le monument a subi les effets du temps. Les infiltrations et ruissellements d’eau, le développement de la végétation, les intempéries mais également certains actes de vandalisme ont progressivement fragilisé ses maçonneries, ses voûtes et ses murs de soutènement.
Plusieurs études ont été menées pour mieux comprendre ces dégradations. Une première étude de diagnostic est notamment réalisée en 1996. En 2014, l’agence AEDIFICIO réalise pour la commune une nouvelle étude architecturale, patrimoniale et technique approfondie. Celle-ci permet d'établir un état des lieux du monument et d'identifier les interventions nécessaires à sa sauvegarde et à sa restauration.
Le grand bassin historique situé en amont fait également partie de cet ensemble patrimonial : son rôle dans l'ancien système hydraulique et son lien avec l'escalier nécessitent de considérer les deux ouvrages comme un ensemble lors des réflexions sur leur conservation.
Un patrimoine coudraysien exceptionnel
Malgré les transformations successives du domaine et la disparition d’une partie de ses aménagements, l’Escalier de la Belle Gabrielle demeure un témoignage remarquable des jardins d’agrément des XVIe et XVIIe siècles.
Son architecture monumentale, son implantation sur le coteau et les vestiges de son ancien système hydraulique racontent une partie de l’histoire du Bas-Coudray et de ses anciennes propriétés.
Plus de quatre siècles après sa création supposée, ce monument continue ainsi de faire partie intégrante du patrimoine et de la mémoire du Coudray-Montceaux.
Niché sur le versant nord du Coudray-Montceaux, sur le coteau descendant vers la vallée de la Seine, l’Escalier de la Belle Gabrielle est l’un des éléments les plus singuliers du patrimoine communal.
Datant vraisemblablement de la fin du XVIe ou du début du XVIIe siècle, cet escalier monumental appartenait autrefois à un vaste jardin d’agrément aménagé autour d’une demeure de plaisance. Aujourd’hui isolé dans son environnement boisé, il témoigne encore de l’importance et du raffinement de cet ancien domaine. Le monument est inscrit à l’Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques depuis le 2 novembre 1945.
Aux origines de l’Escalier de la Belle Gabrielle
Le terrain sur lequel se trouve aujourd’hui l’escalier appartenait à l’origine à la seigneurie du Coudray. Celle-ci est acquise en 1516 par Jean Tronson, conseiller au Parlement de Paris.
À la fin du XVIe ou au début du XVIIe siècle, un pavillon aurait été construit en bord de Seine, accompagné d’un jardin d’agrément aménagé sur le coteau. L’Escalier de la Belle Gabrielle, avec sa grotte, en constituait l’un des principaux ornements.
Sa conception tirait pleinement parti du relief naturel. Depuis le pavillon situé en contrebas, près de la Seine, le jardin offrait une perspective ascendante vers le coteau, structurée par les différentes terrasses et par l’escalier monumental.
Un jardin remarquable organisé autour de l’eau
L’escalier ne constituait pas un élément isolé. Il s’intégrait dans la composition d’un véritable jardin d’agrément, comprenant notamment des jeux d’eau.
Un grand bassin rectangulaire, situé dans la partie haute du domaine, permettait de recueillir les eaux de pluie et de ruissellement. Celles-ci servaient ensuite à alimenter les fontaines aménagées autour de l’escalier.
Le monument se caractérise notamment par son double escalier en pierre, ses terrasses, ses murs de soutènement et sa grotte voûtée. L’ensemble formait une composition monumentale destinée autant à permettre de gravir le coteau qu’à mettre en scène le paysage et le jardin.
Un domaine transformé au fil des siècles
À partir du XVIIe siècle, la propriété connaît une succession de propriétaires et de nombreux aménagements.
Au XVIIIe siècle, le jardin perd progressivement une partie de sa vocation d’apparat. Les documents historiques font alors davantage référence à des potagers, des vergers et des vignes. Le réseau hydraulique semble également moins entretenu : le bassin circulaire devient notamment une pièce de gazon et le réservoir situé en hauteur est décrit comme envahi par la vase et les roseaux.
Après 1744, le pavillon est agrandi et devient progressivement une véritable maison de plaisance, puis, au XIXe siècle, le « château du Bas-Coudray ». Le jardin est à nouveau transformé, tout en conservant plusieurs de ses éléments monumentaux.
Entre 1825 et 1836, le système hydraulique est notamment remis en fonctionnement et de nouvelles allées sont créées. Lors de la cession de la propriété en 1836 à Firmin, acteur du Théâtre Français, les documents décrivent encore un grand jardin comprenant un bassin, une grotte voûtée et un « escalier double en pierre » permettant d'accéder à la partie supérieure du domaine.

À la fin du XIXe siècle, l’ouverture de la ligne de chemin de fer entre Corbeil et Montereau vient traverser la propriété. Malgré cette transformation importante, une partie de l’unité du domaine est alors préservée grâce à la création d’un passage à niveau privé.
C’est surtout au cours du XXe siècle que la propriété originelle est progressivement morcelée. Le château et son jardin perdent peu à peu leur organisation d’origine, tandis que l’escalier monumental subsiste sur le coteau comme l’un des derniers grands témoins de cet ancien ensemble paysager.
D’où vient le nom « Belle Gabrielle » ?
Le nom du monument contribue largement à son caractère mystérieux. Pourtant, aucun document historique connu ne permet aujourd’hui d’établir avec certitude un lien avec la « Belle Gabrielle ».
Cette appellation serait probablement apparue au cours du XIXe siècle. Si son origine reste incertaine, elle renvoie néanmoins à une période proche de celle durant laquelle le monument aurait été construit. Le nom s’est depuis imposé et fait désormais pleinement partie de l’identité du lieu.
Un monument fragile à préserver
Après plusieurs siècles d’existence, le monument a subi les effets du temps. Les infiltrations et ruissellements d’eau, le développement de la végétation, les intempéries mais également certains actes de vandalisme ont progressivement fragilisé ses maçonneries, ses voûtes et ses murs de soutènement.
Plusieurs études ont été menées pour mieux comprendre ces dégradations. Une première étude de diagnostic est notamment réalisée en 1996. En 2014, l’agence AEDIFICIO réalise pour la commune une nouvelle étude architecturale, patrimoniale et technique approfondie. Celle-ci permet d'établir un état des lieux du monument et d'identifier les interventions nécessaires à sa sauvegarde et à sa restauration.
Le grand bassin historique situé en amont fait également partie de cet ensemble patrimonial : son rôle dans l'ancien système hydraulique et son lien avec l'escalier nécessitent de considérer les deux ouvrages comme un ensemble lors des réflexions sur leur conservation.
Un patrimoine coudraysien exceptionnel
Malgré les transformations successives du domaine et la disparition d’une partie de ses aménagements, l’Escalier de la Belle Gabrielle demeure un témoignage remarquable des jardins d’agrément des XVIe et XVIIe siècles.
Son architecture monumentale, son implantation sur le coteau et les vestiges de son ancien système hydraulique racontent une partie de l’histoire du Bas-Coudray et de ses anciennes propriétés.
Plus de quatre siècles après sa création supposée, ce monument continue ainsi de faire partie intégrante du patrimoine et de la mémoire du Coudray-Montceaux.

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